Les biais cognitifs #2 : L’effet de halo

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Dans le précédent article, nous vous expliquions ce que sont les biais cognitifs et comment ils jouent avec nos perceptions. Cette semaine, découvrez comment fonctionne l’un des biais cognitifs les plus répandus : l’effet de halo !
 
Imaginez, vous êtes inscrit à une formation, vous vous rendez sur place et, dans l’ascenseur, vous croisez une personne souriante qui vous tient la porte et qui se rend au même étage que vous. Vous échangez rapidement, vous le/la trouvez sympathique et plein(e) d’humour (il/elle a ri à votre jeu de mots pourri sur l’ascenseur et a même rebondi, c’est dire).
 
Quelques minutes et un café plus tard, bingo ! Vous découvrez en poussant la porte de la salle qu’il s’agissait… de votre formateur/formatrice du jour. Vous lui faites signe de la main et l’observez du coin de l’œil pendant qu’il/elle accueille les participants avec enthousiasme, chaleur et bonhomie, confirmant votre bonne première impression. Et lorsque la formation débute, malgré son Powerpoint défraichi et son ton un peu monocorde, vous buvez ses paroles, ébloui par sa culture et son sens de la répartie. Bref, vous êtes conquis(e)…
 

La force des premières impressions

 
Bien sûr, je vous entends d’ici me dire que, dans la vraie vie, les choses ne se produisent pas exactement ainsi. Pourtant, pourriez-vous jurer en toute honnêteté n’avoir jamais été influencé(e) par la première image que vous avez eue d’une personne, d’un lieu, d’un cours ?
 
Comme dans ce scénario fictif, il est fort probable que vous soyez régulièrement victime à votre insu de l’effet de halo : ce biais cognitif affecte notre perception des choses et nous conduit à attribuer à quelqu’un ou à quelque chose tout un ensemble de traits sur la base d’une seule caractéristique particulière que nous avons pu observer. Autrement dit, notre cerveau se base sur une observation spécifique (« cette personne est souriante… ») pour en extraire un jugement plus global – et parfois, il faut le dire, plus capillotracté (« … elle est donc forcément sympa, sociable, intelligente, philanthrope, etc. »).
 

 

L’effet de halo, un biais à double tranchant

 
Si nous nous laissons ainsi manipuler par notre système cognitif, c’est que celui-ci va naturellement trier les informations qu’il reçoit pour les faire coïncider au maximum avec notre première impression.
 
Ainsi, si une personne ou une marque présente d’emblée une caractéristique qui nous plaît, nous l’envisagerons ensuite avec un a priori positif, même si ses autres attributs découverts par la suite nous plaisent nettement moins. Le fait d’apprécier un certain produit d’une marque donnée peut ainsi nous conduire à acheter ou à recommander plus facilement d’autres produits de la même marque, même si nous n’avons jamais testé directement ces derniers.
 

 
Mais, l’effet de halo peut aussi fonctionner dans l’autre sens : une mauvaise première impression ou une caractéristique qui nous déplaît particulièrement pourra influencer négativement (et durablement !) notre jugement global. C’est ce qui explique pourquoi nous avons parfois une mauvaise opinion d’une personne que pourtant nous ne connaissons pas, simplement parce qu’elle appartient à un groupe que nous n’apprécions pas (« les amis de mes ennemis sont mes ennemis », pourrait-on dire) !
 

 

Que retenir pour la formation ?

 
– la première impression est très importante, ne la négligez pas !
Si vous êtes formateur notamment, n’oubliez pas que les premières minutes d’échange sont déterminantes et influencent très fortement la perception générale que l’on aura de vous : soignez votre attitude et votre discours, et optimisez votre support de formation pour mettre toutes les chances de votre côté d’emporter votre auditoire grâce à votre charisme, votre humour, votre aisance ou votre maîtrise du sujet. Bref, mettez le paquet pour impressionner favorablement vos formés, car si leur première impression est mauvaise, vous risquez de ramer toute la journée !
 

 
– à l’inverse, soyez aussi conscient(e) de l’effet de halo et ne vous arrêtez pas à votre premier ressenti !
Ce n’est pas parce que le formateur a l’air sinistre ou que son support est moche vieillot que la formation ne sera pas intéressante, tout comme ce n’est pas parce qu’un formé arrive en retard et vous pose d’emblée une question piège qu’il faut le prendre en grippe (quoique). Prenez du recul par rapport à votre première impression et donnez-lui une chance d’évoluer pour ne pas passer bêtement à côté d’une personne intéressante ou d’une formation enrichissante !
 

 
Sources :
http://www.toupie.org/Biais/Effet_halo.htm
https://medium.com/@j.laureau/5-biais-cognitifs-qui-agissent-sunotre-perception-des-interfaces-27c3ecdf6373
 
 


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Emmanuelle Veron

  • Master 2 en Sciences du Langage, spécialité Didactique du Français Langue Etrangère – Université Grenoble-Alpes et CNED
  • Diplômée de Sciences Po – Master Affaires Internationales, mention « Management Public International »

Depuis toute petite, j’adore découvrir et apprendre de nouvelles choses. De l’actualité à la grammaire d’une langue étrangère en passant par les neurosciences, tout m’intéresse (ou presque) ! Je suis aussi fascinée par le langage sous toutes ses formes : les livres, les langues, les images ou la musique sont pour moi autant de moyens complémentaires de transmettre des connaissances et des émotions.
Comprendre, expliquer, donner envie d’apprendre grâce à des supports ludiques et innovants : autant de missions qui me passionnent et qui sont au cœur du travail chez Sydo.

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