LES BIAIS COGNITIFS #10 : L’EFFET DUNNING-KRUGER

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La première fois que j’ai entendu parler de ce biais cognitif, c’était en période de pandémie. Des discussions et débats sur des sujets médicaux florissaient dans les médias (sur les vaccins, la contagion d’un virus, etc.). Certaines personnes qui ne connaissaient pas grand-chose au sujet quelque temps auparavant affirmaient des choses avec aplomb, alors que des experts étaient plus prudents dans leurs discours. Étonnant, non ? Pas tant que ça, quand on comprend ce qu’est l’effet Dunning-Kruger.
 

De quoi s’agit-il ?

 
L’effet Dunning-Kruger, qui porte le nom des deux psychologues américains qui l’ont mis en évidence, est un biais de jugement qui fait que notre sentiment de connaissance (notre confiance en nos connaissances sur un sujet) n’est pas proportionnel à la réalité de nos connaissances. En effet, les personnes les moins compétentes vont avoir tendance à surestimer leurs compétences, et inversement, les plus compétentes vont les sous-estimer.
 
Regardons un peu ce graphique qui résume assez bien les choses :
 

 
– Quand on commence à se renseigner sur un sujet, assez rapidement on peut avoir un excès de confiance (se surévaluer, pour le dire autrement) et croire qu’on le maîtrise. Nous ne sommes pas conscients de tout ce que nous ne savons pas.

C’est la “Montagne de la stupidité” (“ça va, c’est facile !”).
 
– Puis, plus on se renseigne et plus on se rend compte de l’étendue et de la complexité des connaissances… On a alors l’impression de connaître si peu de choses ! Nous sommes davantage conscients de tout ce que nous ne savons pas et de ce qu’il reste à découvrir.

On peut appeler cette phase la “Vallée de l’humilité” (“Vous expliquer ? euh…”).
 
– Enfin, si on continue à travailler sur le sujet, nos connaissances augmentent et notre confiance également (mais cette confiance est cette fois-ci assez proportionnelle à la réalité).

On arrive donc progressivement au “Plateau de la connaissance” (“bon pour faire simple…”).
 
Il y a un décalage entre la réalité (étendue des connaissances) et le ressenti de la personne (et notamment la confiance ressentie) !
 

À quoi ça sert ?

 
Pour tout vous avouer, l’effet Dunning Kruger est un de mes biais préférés (et la métaphore pour l’expliquer est assez parlante).
 
En avoir conscience permet de modérer ses affirmations dans un premier temps, et de ne pas non plus se laisser abattre quand on perd confiance au fur et à mesure qu’on apprend. Persévérer permet d’arriver petit à petit au plateau de la connaissance.
 
Méfiez-vous des personnes qui affirment des choses avec aplomb, et expliquez-leur éventuellement ce principe !
 
 
 


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Héléna Coudurier-Curveur

  • Master de Sociologie Recherche – Normes, économie et société – Sorbonne Université

Curieuse et intéressée par de nombreux domaines, il m’était difficile de faire un choix de spécialisation dans mes études. Pourtant dans cette vague d’intérêts, j’ai réussi à orienter les flots de mon enthousiasme avec… la pédagogie !

Car si ma première satisfaction est de comprendre, la seconde est de transmettre.

Je suis ravie de faire partie de l’équipe Sydo, où savoir-faire et émulsion d’idées mènent à la réalisation d’outils véritablement pédagogiques.

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