Les cours qui marchent #6 – Païssagoreusse

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Aujourd’hui, je vous emmène dans mes souvenirs de lycée, au cœur de mes cours de maths… en anglais. Arrêtez-vous une seconde ici, et essayez d’imaginer à quoi peuvent ressembler ces cours.
 
Alors ? Comme moi, vous avez peut-être pensé à un cours classique de mathématiques où tous les mots étaient prononcés avec l’accent anglais. Pythagore devient « païssagoreusse », et voilà le travail. Vous l’aurez compris, a priori, ce n’est pas la matière la plus attractive qui soit. Et pourtant.
 
Pourtant, je garde un très bon souvenir de ces cours. Alors, soit je suis bien trop enthousiaste (et un peu bizarre), soit les cours étaient particulièrement intéressants et bien menés. Je préfère penser que la réponse 2 est la bonne.
 
L’analyse rétrospective pour la série d’articles « Les cours qui marchent » m’a poussée à me pencher sur la méthode utilisée. Et voici quelques clés de réussite.
 

Le déroulé des cours

 
Si les méthodes du professeur ont évolué au cours de ces trois années, un format de cours m’a particulièrement marqué.
 
Par groupes de trois ou quatre, nous devions préparer des exposés. Une fiche nous était distribuée : exposition d’un sujet et quelques questions auxquelles répondre. Les sujets portaient sur des faits « amusants » ou des éléments étonnants en lien avec les mathématiques.
 
Voici un exemple (ne prenez pas peur) :
 

 
Il fallait donc préparer l’exposé en classe, en échangeant en anglais avec ses camarades, puis chaque groupe devait faire une présentation orale.
 
Globalement, le contrat était rempli : nous pratiquions à la fois l’anglais (principalement à l’oral) et les mathématiques (sous une forme originale).
 
Je vous l’accorde, rien de très palpitant sur le papier. Et pourtant, ces cours remplissaient toutes les cases d’un « cours qui marche ».
 

Qu’est-ce qui a marché ?

 
Capter l’attention avec des sujets originaux. Le contenu des exposés était en décalage par rapport à nos attentes : pas de grands théorèmes ni de lignes de calculs sans fin, mais des faits « amusants » sur les nombres. Ce support permet in fine de pousser à la réflexion et d’amener à faire des calculs, donc de faire des mathématiques. Ainsi, mettre en avant la partie originale (et parfois ludique) de la matière enseignée permet de capter et maintenir l’attention.
 
Laisser découvrir et rendre actif. Chaque groupe est autonome dans la recherche. Le professeur n’est qu’une personne-ressource : il n’est pas le « détenteur du savoir », et ne donne pas les réponses. Ce sont les élèves qui expérimentent, investiguent, résolvent les problèmes.
 
Proposer un travail de groupe. Les travaux de groupes favorisent la collaboration, l’autonomie, et la responsabilisation dans la mesure où chaque élève a une tâche à accomplir.
 
Engager les élèves. Après avoir découvert et compris les éléments du sujet, chaque groupe devait les expliquer aux autres, sous forme d’exposé. Pour pouvoir expliquer correctement et répondre aux éventuelles questions, il faut avoir tout à fait compris. Le stade ultime de l’apprentissage (selon le fameux « cône de l’apprentissage » mais aussi à partir de notre propre expérience) est d’être capable d’expliquer soi-même un contenu à quelqu’un d’autre. De plus, l’enjeu de transmission est une source de motivation supplémentaire.
 
 
Finalement, comme beaucoup de cours qui marchent… c’est un cours qui marque. Il commence par surprendre, en proposant un format et des sujets originaux. Mais au-delà de cet aspect, ce format de cours rend les élèves actifs : ils cherchent et explorent afin de comprendre par eux-mêmes. Enfin, le fait de devoir transmettre ces éléments aux camarades, renforce la compréhension (et la motivation).
 
 


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