Les cours qui marchent #1 – Le biologiste artiste

|  Laissez vos commentaires

Il y a quelques jours, nous nous sommes réunis entre Sydologues dans la Grande Salle de Sydo (les majuscules, c’est pour le côté solennel) pour participer à un brainstorming, comme cela nous arrive régulièrement.

Ça partait comme n’importe quel brainstorming : les gens arrivaient au compte-goutte, un téléphone à l’oreille et un café à la main, le Sydologue en chef s’impatientait, son pied tressautant faisant trembler toute la salle (qui est solide… mais en mezzanine), la Direction chantonnait en montant les escaliers et nous autres, déjà assis, refaisions le monde en attendant que ça démarre (enfin).

Nous avions tout prévu : le brief initial, le document support en soutien, les cahiers pour gribouiller toutes nos futures idées originales et farfelues, et même le gâteau pour tenir la distance (réfléchir, ça creuse).
 

La panne

L’objectif était clairement affiché : inventer, innover, révolutionner la pédagogie. Clairement affiché, donc… mais pas si évident à atteindre (pour ne pas dire carrément trop ambitieux), quand on y réfléchit. Et réfléchir, justement, nous avions le plus grand mal à le faire.

Certes, c’était l’après-midi. Certes, nous étions assis au chaud et au sec, bercés par le bruissement de la pluie sur les vitres, plongés dans une douce torpeur postprandiale. Mais ça n’explique pas tout. Nous avions beau tourner le problème dans tous les sens, nous étions mous, confus, brouillons, pas créatifs pour deux sous.

Devant l’ampleur de la tâche, nous étions tout simplement bloqués.
 

Épiphanie

Et puis je ne sais plus trop comment, quelqu’un a suggéré de changer d’approche : plutôt que de chercher à tout prix à être créatifs, nous sommes repartis des bases en nous interrogeant sur ce qui pouvait rendre nos expériences de cours et de formation mémorables. Et là, soudainement, la machine s’est dégrippée : des exemples de cours passionnants ou marquants, nous en avions tous à partager !

S’en est suivi un tour de table enthousiaste, chacun y allant de sa petite anecdote. Le plus génial dans l’histoire, c’est que si nous avions tous été marqués par certains cours, c’était rarement pour les mêmes raisons. Car des facteurs de réussite, il y en a plein !

Alors en sortant de ce brainstorming, nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de partager avec vous nos cours « coup de cœur », et surtout de les analyser ensemble pour identifier les ressorts à l’œuvre.

Voici donc un premier partage d’expérience, qui sera je l’espère suivi par beaucoup d’autres (coucou, les collègues, à vos plumes).
 
Les collègues d’Emmanuelle ont répondu à son invitation ! Découvrez les autres articles de la série grâce aux liens disponibles à la fin de cette histoire.
 

Le cours marquant (et pourquoi il marche)

 
C’est un cours de SVT au lycée. Le prof était véritablement passionné par sa matière. Il nous expliquait la vie et les choses à grand renfort de moulinets de bras et de mimes, et prenait toujours le temps de dessiner à la craie (en couleur !) de magnifiques schémas pour nous expliquer la structure d’une plante, le cycle ovarien ou la tectonique des plaques.

A chaque fois que l’un de nous avait une question, il saisissait sa craie et se lançait dans la réalisation d’une œuvre d’art aussi précise que documentée, accompagnée d’explications orales claires et détaillées et, souvent, d’une imitation grandeur nature du phénomène (je ne sais combien de livres ont péri dans la mise en scène d’une collision continentale).
 
 
Ça marchait grâce…
– A la passion et l’enthousiasme du prof : rien de tel pour intéresser un auditoire !
– A l’alliance du visuel (schéma, mimes) et de l’oral : solliciter plusieurs canaux sensoriels permet toujours de faciliter la compréhension et la mémorisation. Et puis ça donne un coup de peps au cours !
– A l’acharnement du prof à nous faire comprendre coûte que coûte : il n’abandonnait jamais et pouvait varier les explications et les schémas jusqu’à ce que tout soit clair pour tout le monde… et quand on sent que quelqu’un se démène vraiment pour nous rendre l’incompréhensible intelligible, ça fait chaud au cœur.
 
Rendez-vous les semaines prochaines pour de nouveaux épisodes !
 
 
Voici les liens des autres articles de cette série :
Les cours qui marchent #2 – L’économiste infiltré
Les cours qui marchent #3 – La marge à droite
Les cours qui marchent #4 – Le codeur allumé
– Les cours qui marchent #5 – L’Histoire incarnée
 


 ,

Emmanuelle Veron

  • Master 2 en Sciences du Langage, spécialité Didactique du Français Langue Etrangère – Université Grenoble-Alpes et CNED
  • Diplômée de Sciences Po – Master Affaires Internationales, mention « Management Public International »

Depuis toute petite, j’adore découvrir et apprendre de nouvelles choses. De l’actualité à la grammaire d’une langue étrangère en passant par les neurosciences, tout m’intéresse (ou presque) ! Je suis aussi fascinée par le langage sous toutes ses formes : les livres, les langues, les images ou la musique sont pour moi autant de moyens complémentaires de transmettre des connaissances et des émotions.
Comprendre, expliquer, donner envie d’apprendre grâce à des supports ludiques et innovants : autant de missions qui me passionnent et qui sont au cœur du travail chez Sydo.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.