Un regard sur son cerveau

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Qui n’a jamais rêvé de piloter son cerveau comme un capitaine dans son navire ? Avoir accès à nos mécanismes de pensées, notre attention, notre perception et pouvoir contrôler le moindre élément de notre activité mentale. Non ? personne ? Je suis le seul ?

Malheureusement pour moi, ce n’est pas pour aujourd’hui. Cependant, nous pouvons déjà avoir une propre réflexion sur notre activité mentale, et cette réflexion à un nom : la métacognition.

La métacognition, qu’est-ce que c’est ?

La métacognition, ou la « cognition sur la cognition », peut se résumer de la manière suivante : avoir une réflexion sur ses propres processus mentaux, c’est-à-dire « penser sur ses propres pensées ».

Le premier chercheur à avoir utilisé ce terme est John H. Flavell. Il proposa une définition de la métacognition en 1976 que les chercheurs utilisent encore aujourd’hui : « La métacognition fait référence à la connaissance qu’on a de ses propres processus cognitifs et de leurs produits ou de ce qui leur est relié, par exemple, les propriétés différentes des informations ou des données pertinentes pour leur apprentissage. La métacognition se rapporte, entre autres choses, au contrôle actif, à la régulation et à l’orchestration de ces processus en fonction des objets cognitifs et des données sur lesquels ils portent, habituellement pour servir un objectif ou un but concret. » (Metacognitive Strategy Knowledge Use through Mathematical Problem Solving amongst Pre-service Teachers, p.232 ; 1976)

Quand on parle métacognition, on décrit généralement deux composantes principales :

Le processus de monitoring, qui permet d’évaluer le contenu de notre cognition (notre activité mentale). Ces infos vont permettre à l’individu d’évaluer le contenu de son activité à un instant donné.

Le processus de contrôle, qui permet de réguler le fonctionnement du système cognitif. Cela va permettre à l’apprenant de choisir les stratégies les plus efficaces en fonction de l’état de son système cognitif.

Pour résumer, la métacognition se réfère donc à l’ensemble des connaissances de nos propres processus cognitifs (mémoire, attention, raisonnement, compréhension, etc.) et à nos capacités de contrôle et de régulation de ces processus.

La pertinence de la métacognition dans l’apprentissage

Depuis les années 1990, la métacognition à été l’objet de nombreuses études sur l’apprentissage. Et pour cause, d’après Jacques Tardiff (et d’après de nombreux autres chercheurs) : “Parmi les variables cognitives et affectives, c’est la métacognition qui influence le plus l’apprentissage ». La métacognition permettrait notamment d’offrir plus d’autonomie et de régulation à l’apprenant.

La métacognition, en insistant sur le rôle de la réflexion de l’apprenant sur son propre apprentissage, a ouvert de nouvelles perspectives d’actions pédagogiques. Concernant la capacité de l’apprenant à développer des compétences qu’il pourrait utiliser dans d’autres tâches, l’idée est de le faire analyser les caractéristiques des processus cognitifs qu’il met en œuvre dans une tâche particulière. On pourrait également transmettre des informations sur ses processus attentionnels et le fonctionnement de sa mémoire. Cela permettrait à l’apprenant de pouvoir mieux gérer ses moments d’apprentissages, ses pauses, etc.

Dans l’idée, un apprenant en fonction de ses prédispositions naturelles, de son caractère ou encore de son parcours scolaire, sera plus ou moins attentif à sa façon de comprendre, d’apprendre et de résoudre les problèmes.

L’enseignement scolaire devrait donc comprendre une « éducation cognitive » entendue comme la « recherche explicite, dans la mise en œuvre d’une démarche de formation, de l’amélioration du fonctionnement intellectuel des personnes ».

L’éducation cognitive met l’accent sur l’intégration des connaissances plus que sur leur mémorisation brute ; sur l’autonomie plus que sur des compétences tangibles ; sur le savoir-apprendre et le développement de stratégies cognitives plus que sur les contenus proprement dits.

Métacognition et éducation : pour quoi faire ?

Bref la métacognition, au travers de l’éducation cognitive, pourrait servir à tout le monde :

Les parents pour mieux comprendre leurs propres fonctionnements et ceux de leurs enfants.
Les enseignants pour qu’ils puissent monter en compétence sur ces sujets et mieux cerner certaines difficultés des enfants.
– Et finalement les enfants eux-mêmes, pour qu’ils soient en mesure de mieux comprendre la manière dont ils fonctionnent.

Outre la question de l’apprentissage, l’éducation cognitive pourrait permettre également de combattre le complotisme ou bien encore les fausses croyances en faisant découvrir et comprendre la notion de biais cognitifs.

Pour ma part, je pense que l’éducation cognitive pourrait et devrait être inscrite au sein du programme scolaire dès le plus jeune âge afin de mieux accompagner l’enfant, les parents et les enseignants. Pour bientôt ?


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Youri Minne

  • Doctorant en psychologie cognitive

Apprendre des connaissances c’est bien. Mais les transmettre, c’est encore mieux ! Ayant toujours été passionné par l’apprentissage durant mon cursus de psychologie, j’ai la chance d’écrire des articles de vulgarisation sur des théories scientifiques. J’espère ainsi, au travers de mes articles, transmettre mes connaissances avec la même passion qui m’animait lors de la découverte de celles-ci.

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 Un commentaire


  • Cédric BASQUIN

    Je suis du même avis concernant la mise en place le plus tôt possible d’un programme d’apprentissage à mieux apprendre chez l’enfant. La notion d’attention focalisée, de distraction, d’interruption de tâches, de fatigue, de motivation intrinsèque, extrinseque, des différentes techniques de mémorisation, etc… Mais le plus important est le pourquoi ? Pourquoi l’école, pourquoi apprendre telle matière, tel chapitre Donner du sens à ce qu’il font, de la motivation pour un meilleur apprentissage et une meilleur rétention et applicabilité dans leur vie future… Le risque ? C’est de ne pas trouver d’intérêt direct/indirect de certaines matières..

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