La rhétorique du formateur – Episode 1 : Le principe d’affûtage

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Le formateur est par nature polyvalent : il doit en permanence s’adapter aux différents publics et circonstances. De même, il se fait aussi accompagnateur, coach, mentor, animateur, facilitateur… Mais il y a bien quelque chose qui ne change pas pour le formateur, c’est sa manière de parler. Que ce soit en présentiel ou en classe virtuelle, la qualité de son éloquence joue pour beaucoup dans la qualité de sa formation. Si son expression est efficace, sa formation est efficace.

Professeur, formateur plus ou moins expérimenté, timide, à l’aise ou très bavard, comment vous assurer d’avoir une rhétorique efficace ? Quelles sont les clés pour garantir l’efficacité de la parole ? Nous vous dévoilons quelques principes, agrémentés de citations des maîtres de la rhétorique, de Cicéron à Victor Hugo, pour vous permettre de mieux transmettre vos messages et vous focaliser sur ce qui compte vraiment.
 

Principe d’affûtage (ou se préparer à entrer dans l’arène)

 

 
Se préparer est essentiel. On ne va pas à la guerre sans affûter ses armes, on ne se jette pas dans l’arène sans préparation. La prise de parole spécifique à la formation se divise en trois temps : intéresser d’entrée ses apprenants grâce à une accroche, écrire les messages-clés sous forme de punchlines et soigner sa sortie.
 
Vous devez être d’emblée capter l’attention de vos apprenants. Cela suppose de soigner votre entrée : Quelle accroche allez-vous utiliser pour donner envie à vos apprenants de vous écouter ? Une bonne accroche peut être une histoire, une anecdote ou encore une question lancée frontalement à vos interlocuteurs. Cette phase, nommée exorde par Cicéron dans son ouvrage De l’invention, est cruciale : « L’exorde est cette partie du discours où l’on essaie de préparer favorablement l’auditeur. » Cela a pour bénéfice d’éviter un début de formation poussif.
 
Le formateur doit également respecter un principe d’économie de mots : « La véritable éloquence consiste à dire tout ce qu’il faut et à ne dire que ce qu’il faut ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est La Rochefoucauld dans ses Maximes. Il faut donc, en amont de sa prise de parole, se poser la question de l’auditoire, c’est-à-dire des apprenants que l’on aura en face de soi : qui sont-ils ? Quel vocabulaire utilisent-ils ? Cette étape vise à élaguer un contenu qui pourrait être trop dense et superflu afin de se concentrer autour de phrases-clés qui vont venir cristalliser l’apprentissage. Concrètement, il s’agit de réfléchir à des punchlines, des phrases chocs et clés qui permettront aux apprenants de bien identifier les idées les plus importantes. Ces punchlines pourront être répétées librement, puisqu’elles favoriseront la mémorisation de votre message.
 
Enfin, tout bon discours soigne sa sortie. C’est d’autant plus important qu’une prise de parole pédagogique a pour but de laisser une trace dans l’esprit des apprenants, a fortiori la mémorisation d’informations. Il faut donc, dans cette phase de conclusion, récapituler les messages principaux de votre formation. De quoi voulez-vous vraiment que vos apprenants se souviennent ? Avec quoi voulez-vous qu’ils repartent après vous avoir écouté ? La fin de votre formation est importante puisqu’elle prépare le travail de réappropriation de votre discours par vos apprenants. Veillez à bien guider votre public avec une conclusion claire et pertinente.
 
Ce premier principe vous permettra d’encadrer correctement votre prise de parole et vous laissera libre d’être spontané.
 
Rendez-vous dans les prochains jours pour l’épisode 2 de cette nouvelle série. A très bientôt !
 
 
 


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Jules Fereol

  • Formateur

Une chose me hante dans la vie : l’ennui. Du coup, je suis devenu formateur.

Pourquoi ? Il a d’abord fallu apprendre à vivre avec l’ennui, donc j’ai fait de la philosophie. J’ai ensuite enseigné au Lycée puis dans un CFA. Prise de conscience : ce qui importe, c’est que les apprenants ne s’ennuient pas. Comment faire ? On fait preuve de pédagogie, on teste, on expérimente, on s’éclate ! Et c’est dans la formation qu’on a le plus de liberté.

Chez Sydo, je suis sûr de ne pas m’ennuyer. Vous ne m’en voudrez pas si je me mets à citer Platon, c’est plus fort que moi !
 

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