Comment vaincre le Burger de la Mort ?

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Ça y est les fêtes de fin d’année sont passées ! Fan de jeu de société, vous êtes refait car vous avez eu un Burger Quiz® à Noël que vous avez pu tester pendant toutes les vacances avec votre famille. Même si mamie était dans votre équipe Ketchup, vous avez gagné à chaque fois et vous avez pu tenter la dernière étape du jeu : le Burger de la Mort. (Pour les novices, cette étape consiste à écouter l’énoncé de 10 questions puis à répondre à ces 10 questions d’un coup en essayant de se remémorer des énoncés.) Mais sur toutes vos parties, vous n’avez jamais réussi à terminer le Burger de la Mort ! Vous n’avez jamais pu atteindre le Saint Graal et clamer haut et fort votre victoire !
Pourtant, vous vous vantez régulièrement de votre excellente mémoire. Vous ne comprenez pas pourquoi vous n’arrivez pas au bout de ces 10 questions…
 

Une sacrée pépite

Pour expliquer ce phénomène qui vient remettre en question votre mémoire, il faut remonter jusqu’en 1956, année où George Miller publie son article « The Magical Number Seven, Plus or minus Two : Some Limits on our capacity for Processing Information ». Dans cet article, Miller introduit le concept du chunking et des chunks, associés à la mémoire à court terme. Alors, non, ici les chunks ne sont pas des pépites de chocolat mais bien une information regroupant d’autres informations. Le but du chunk est de faciliter la mémorisation à court terme d’un nombre important d’informations en les associant en une seule information porteuse de sens.

L’exemple le plus courant pour expliquer le principe du chunking est celui du numéro de téléphone. En France, les numéros de téléphone sont constitués de 10 chiffres que nous regroupons traditionnellement par 2 pour les retenir plus facilement. 04.26.78.32.77 sera ainsi plus facilement mémorisable que 0.4.2.6.7.8.3.2.7.7. (N’hésitez surtout pas à appeler ce numéro !) Les groupes de 2 chiffres, 26 par exemple, sont donc des chunks.
 

Dépasser les limites du chunking

Miller a démontré dans son article que la capacité moyenne serait de pouvoir traiter 7 chunks, plus ou moins 2, selon si vous êtes gourmand ou non. En 2005, Cowan a même estimé que la capacité d’un individu serait plutôt de 4 chunks. Il devient ainsi compliqué de mémoriser plus de 4 informations à court terme : la 5e information va soit prendre la place de l’une des 4 premières informations, soit faire travailler la mémoire à long terme, demandant plus d’efforts. Cela explique ainsi pourquoi il est aussi dur de réussir un Burger de la mort qui nécessite de retenir 10 informations qui n’ont rien à voir entre elles.
 


 
Ainsi, pour mémoriser plus facilement des informations à court terme, il est nécessaire de les segmenter en chunks. Il est possible de faciliter encore plus la mémorisation en créant un sens à ces chunks ou en les associant à une information stockée dans la mémoire à long terme. Les nouvelles informations s’associent alors à des informations dont on se souvient inconsciemment, sans faire d’efforts.

Pour faciliter la mémorisation, il peut aussi être utile d’ajouter des éléments de contexte. Par exemple, pour mémoriser un morceau de piano, il est plus facile d’entendre d’abord le morceau en entier, puis d’apprendre des parties de ce morceau petit à petit, en chunks donc, pour ensuite les associer et retenir le morceau entier plus facilement.
 
 
Si vous êtes arrivés jusque-là, vous l’aurez compris : il est tout à fait normal que vous n’arriviez pas à vaincre le Burger de la mort ! Mémoriser 10 informations qui n’ont rien à voir est tout bonnement à la limite du possible de votre mémoire ! Alors, la prochaine fois que vous oserez faire un Burger Quiz®, pensez à Georges Miller et aux chunks ! Créez des chunks et peut-être gagnerez-vous cette fois-ci ?
 
 


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