Ingénierie pédagogique et modèle ADDIE

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L’ingénierie pédagogique consiste à créer des dispositifs de formation à partir d’une analyse poussée de données « entrantes » : ressources disponibles, profils des apprenants, objectifs de formation, etc.

Il existe de nombreux modèles (c’est-à-dire des sortes de guides ou de recettes de cuisine) de l’ingénierie pédagogique : le SAT, MRK, ASSURE, SR, DC MISA, etc. (vous trouverez une liste exhaustive sur Wikipédia, si le sujet vous intéresse). Nous allons aujourd’hui nous intéresser à un modèle en particulier : ADDIE.

C’est le modèle que nous suivons quand nous créons des dispositifs de formation pour nos clients, et que nous trouvons particulièrement pertinent.

Le modèle ADDIE, qu’est-ce que ça peut bien être ?

ADDIE est donc un modèle de conception de dispositifs pédagogiques (présentiels comme distanciels) qui propose 5 étapes consécutives :

Analyse – Cette phase consiste à identifier, récolter et analyser tous les éléments qui serviront à orienter la conception du dispositif : les besoins de formation, les caractéristiques de la cible, le contexte dans lequel s’insérera la formation, les ressources existantes pouvant être utilisées ou adaptées pour le système d’apprentissage, les contraintes de temps et de budget liées au projet, etc.

 
 

Design – En français, on aurait sans doute parlé de conception : pendant cette phase, les ingénieurs pédagogiques vont spécifier les objectifs pédagogiques, construire l’architecture de la formation (ordre, contenus et outils de chaque module) et définir toute la stratégie de formation (mode de diffusion par exemple). Généralement, on appelle la conception de l’architecture globale de la formation le macro-design, et la conception de chaque outil et média contenu dans la formation le micro-design.

 

Développement – Cette phase consiste à construire les outils et médias définis lors de la phase précédente.

 
 
 
 

Implantation – Cette phase consiste à donner accès aux formés au dispositif créé. S’il s’agit d’un dispositif présentiel, on parlera de réservation de salle, d’envoi de convocation, d’animation de la journée, etc. En formation distancielle, on parlera de déploiement, de mise en recette, de lancement, etc.

 
 

Evaluation – Enfin, cette phase consiste à évaluer le dispositif à 3 niveaux :
• Qu’ont retenu/appris/assimilé les apprenants ?
• Comment la formation a-t-elle été perçue par les apprenants ?
• Pour l’entreprise, quel est le retour sur investissement de la formation ?

 
 

Les 3 infos en plus

1 – Ces 5 étapes sont successives mais aussi itératives : les premières évaluations permettent de corriger les éventuels défauts du dispositif et de l’optimiser.

2 – Ce modèle est neutre : il n’impose pas de « principe pédagogique » (pédagogie active, pédagogie par projet, etc.) mais donne une structure globale pour construire un dispositif.

3 – Une des étapes les plus importantes de cette démarche est la spécification des objectifs pédagogiques. Pour vous aider, vous pouvez utiliser la taxonomie de Bloom dont nous parlions déjà ici.
 


 

Raphaël LAUER

  • Diplôme d’ingénieur en Sciences Cognitives – Ecole Nationale Supérieure de Cognitique de Bordeaux (ENSC)

A l’école, j’ai toujours eu l’impression qu’on cherchait à faire des « têtes bien pleines » plutôt que des « têtes bien faites ». Ouais… Pas très utile. On pourrait essayer de faire mieux, non ? C’est ça qui m’intéresse dans la pédagogie : chercher de nouvelles méthodes et de nouveaux outils pour se construire intellectuellement et arrêter de faire apprendre un tas de trucs qui, au final, ne servent qu’à passer un diplôme ou valider une formation.

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