Les mardis de la mémoire #7 – La courbe de l’oubli

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Hermann Ebbinghaus était un philosophe allemand considéré comme le papa de la psychologie expérimentale. Parmi ses trouvailles, citons la « la courbe de l’oubli », qui donnerait des sueurs froides à n’importe quel formateur !

 

D’après Ebbinghaus, voilà comment évolue l’apprentissage d’une information :

  • Tout de suite après l’arrêt de l’information, on retrouve environ 75% de l’information assez facilement.
  • 10 minutes plus tard, on retrouve environ 80% de l’information : les neurones s’organisent en réseaux, trient et installent l’information.
  • Passé 24h, on perd très rapidement l’information pour se retrouver à 20% de l’information une semaine plus tard.

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Concrètement, cela veut dire qu’après une journée de formation et si le formé ne révise pas, il retiendra au bout d’une semaine 20% du contenu auquel il aura été attentif. Donc finalement une infime portion de ce que vous avez voulu lui transmettre. Cet oubli va bien sûr dépendre des capacités de chaque formé, mais aussi de la complexité de l’information, de l’intérêt porté à l’information, etc.

 

Mais comment faire pour ancrer durablement les informations en mémoire ?

Dans ce cas précis, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : RÉACTIVER, RÉACTIVER, et RÉACTIVER!

Pour ancrer les informations en mémoire à long terme de manière durable, il faudrait rappeler l’information :

  • après 10 minutes, c’est-à-dire pendant la formation ;
  • avant la fin de la journée, c’est-à-dire garder du temps en fin de formation pour rappeler ce qui a été vu ;
  • à la fin de la première semaine;
  • dans le mois;
  • dans les 6 mois.

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Qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour le formateur ?

Pour ces rappels, l’idéal est d’ajouter un module distanciel à sa formation présentiel. L’apprenant recevrait ainsi régulièrement des piqures de rappel sur des éléments vus pendant la formation, sur son Smartphone par exemple. Ces rappels pourraient prendre la forme de mini-jeux, de petites vidéos, etc.

 


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Raphaël LAUER

  • Diplôme d’ingénieur en Sciences Cognitives – Ecole Nationale Supérieure de Cognitique de Bordeaux (ENSC)

A l’école, j’ai toujours eu l’impression qu’on cherchait à faire des « têtes bien pleines » plutôt que des « têtes bien faites ». Ouais… Pas très utile. On pourrait essayer de faire mieux, non ? C’est ça qui m’intéresse dans la pédagogie : chercher de nouvelles méthodes et de nouveaux outils pour se construire intellectuellement et arrêter de faire apprendre un tas de trucs qui, au final, ne servent qu’à passer un diplôme ou valider une formation.

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