Evaluation : avec ou sans notes ?

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Quel est le point commun entre le collège Saint-Louis de la Guillotière à Lyon (Rhône) et le collège Notre-Dame La Blanche à Theix (Morbihan) ? Ces deux établissements ont décidé d’ouvrir des classes sans notes. Persuadés que le système de notation a un effet négatif sur l’apprentissage, ils ont mis en place une évaluation par compétences (EPC).

D’après le portail national des professionnels de l’éducation : « Enseigner et évaluer par compétences permet de donner davantage de sens et de cohérence aux apprentissages, d’articuler des démarches au sein d’une équipe, de mieux cibler la remédiation. Les élèves deviennent plus autonomes et s’impliquent davantage dans leur travail ; ils ont une meilleure estime d’eux-mêmes. »

A l’inverse, l’ancien ministre de l’éducation nationale, Luc Ferry, maintient, quant à lui, que les notes sont essentielles et qu’elles « constituent un repère indispensable à la mesure des progrès ».

Et les scientifiques, qu’est-ce qu’ils en pensent ?

Selon les psychologues Deci & Ryan (1985, 2002), il existe deux types de motivation :

  • La motivation extrinsèque : l’individu est incité à agir par une condition extérieure comme le système de notation. « Je travaille pour avoir une bonne note. »
  • La motivation intrinsèque : l’individu agit par intérêt et par plaisir qu’il trouve à l’action, sans attendre de récompense externe. « Je travaille car je souhaite en savoir plus sur le sujet. » C’est vrai que c’est quand même plus facile de se motiver lorsque le sujet nous intéresse.

Il semblerait que les comportements intrinsèquement motivés font preuve de meilleure créativité, d’une plus grande persévérance face à la difficulté et d’une meilleure concentration.

Selon les neurosciences, la motivation est liée au circuit de la récompense : des hormones du plaisir, comme la dopamine et la sérotonine, sont diffusées dans le cerveau. La motivation correspond donc principalement à une recherche du plaisir. « Je travaille parce que j’aime apprendre de nouvelles choses ». Cela se rapproche donc du concept de motivation intrinsèque.

D’après le psychologue cognitiviste Bernard Weiner, la motivation dépend également de l’estime de soi :

  • Si un individu attribue le succès à son intelligence et à ses efforts : une émotion positive lui procure davantage de motivation pour réaliser des tâches similaires et des tâches plus difficiles.
  • Si l’individu attribue le succès à la facilité de la tâche : il n’a aucun moyen d’évaluer ses capacités. Il peut donc plus facilement craindre l’échec et ne pas trouver la motivation.
  • Si l’individu attribue l’échec à un manque d’intelligence : un sentiment négatif comme la honte peut l’empêcher de recommencer cette tâche.
  • Si l’individu attribue l’échec à un manque de travail : il a l’espoir de pouvoir faire et mieux et pourra recommencer avec une meilleure motivation.

La difficulté de la tâche doit donc être adaptée au niveau des apprenants : ni trop simple, ni trop compliquée. Cependant, je pense que cela dépend du profil d’apprentissage de chacun, certaines personnes aiment le challenge et apprennent en se confrontant à des problèmes très complexes alors que d’autres préfèrent aborder des sujets qu’elles maitrisent déjà.

A en croire les scientifiques, la motivation est essentielle pour l’apprentissage et est plus efficace lorsqu’elle est intrinsèque, c’est-à-dire lorsqu’elle est liée aux attentes des apprenants. Le système de notation ne serait donc pas, selon eux, idéal pour un bon apprentissage.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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