Apprendre sur Internet : le choc des images

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Smartphones, tablettes, télévisions, ordinateurs, nous sommes aujourd’hui hyper-connectés… Mais savons-nous traiter correctement les renseignements que nous recevons ? Retenons-nous mieux ce que nous voyons ? Ces questions doivent également nous permettre de nous interroger sur l’efficacité des signes : sous quelle forme l’information est-elle la mieux comprise ?

Comprendre sur un écran

Selon une étude (1), nous sommes aujourd’hui soumis à 5 fois plus d’informations qu’en 1986. Ces informations nous parviennent principalement par le biais des écrans. Les natifs numériques (digital native en VO) ont pris l’habitude d’apprendre et de se divertir, sans passer forcément par les livres. Des habitudes nouvelles qui ne sont pas sans conséquences sur la manière dont l’information est intégrée.

Le livre propose au lecteur une expérience linéaire. Si l’entrée par chapitre est permise, on avance dans chaque unité (chapitre, partie, paragraphe) de manière progressive, en approfondissant les informations dans une suite logique, proposée par l’auteur.

Sur internet, l’information n’est reliée aux autres informations que grâce à l’hypertexte, qui permet de naviguer d’une page à l’autre, sans forcément approfondir le contenu de manière logique.La construction du savoir suit alors la logique de l’apprenant, qui peut s’égarer dans l’immensité du web et perdre de vue son objectif de base. Nous avons tous fait l’expérience de rechercher quelque chose sur un sujet précis et de se retrouver quelques heures plus tard lisant avidement des informations sur un sujet tout à fait différent. Ou comment relier le coq et l’âne en quelques clics …

Il est d’ailleurs intéressant de noter que sur Internet nous avons tendance à retenir le chemin donnant accès à l’information, plutôt que l’information elle-même. Nous  savons que nous aurons toujours facilement accès à Internet. Dans ce contexte, pourquoi chercher à mémoriser une information ? Alors, partisan du moindre effort ou fin stratège, le cerveau ? Dans tous les cas, il s’adapte à son environnement et développe de nouvelles manières d’agir.

Mots vs Images

Sur internet, comme ailleurs, les informations prennent le plus souvent la forme de mots. Or, cette profusion entraîne une certaine lassitude : nous lisons seulement 28 % des mots sur une page Internet (2)

Mais alors comment optimiser notre apprentissage sur écran ? La réponse se trouve peut-être dans l’utilisation d’images. Bonne nouvelle, elles sont déjà particulièrement présentes sur Internet ! Et le cerveau les comprend vite : il n’a besoin que de 150 millisecondes pour assimiler un symbole et lui associer une signification. Pour les panneaux de signalisation, c’est particulièrement évident. Le panneau « Chute de pierre » signifie à la fois une chute probable de pierre (grâce au dessin représentatif) et la vigilance qu’il convient d’observer en présence de ce panneau (grâce à la couleur rouge et à la forme triangulaire). Le même conseil mis en forme avec des mots serait un peu plus long à déchiffrer …

La compréhension est donc plus rapide avec une image. Mais est-elle plus efficace ? Une étude (3) a étudié le taux de compréhension des messages présents sur les notices de médicaments. Elle a montré que les personnes comprenaient 70 % du message lorsque la notice utilisait seulement des mots. Le taux monte à 95 % si la notice est composée de mots et d’images.

Illustrer ses propos grâce à des images permet donc d’améliorer la compréhension. Reste à sélectionner les bons visuels, qui seront assez explicites pour parler à tous…

Lorsqu’on conçoit une formation en ligne (mooc ou e-learning), il est important de se souvenir du fonctionnement de notre cerveau face à l’écran et ne pas hésiter à utiliser des images et à guider l’apprenant.

1. Dr Martin Hilbert et son équipe, de l’université de Californie du Sud
2. Merieb, E. N. & Hoehn, K. (2007). Human Anatomy & Physiology 7th Edition, Pearson International Edition.
3. Dowse, R. & Ehlers, M. (2005). Medicine labels incorporating pictograms: Do they influence understanding and adherence?, Patient Education and Counseling, Vol 58, Issue 1.


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Clarence Thiery

  • Diplômée d’un master de marketing / vente à l’ESDES, Lyon
  • Diplômée du Mastère spécialisé « Entreprendre » à l’EM Lyon

J’ai toujours été très critique envers mes professeurs qui oubliaient qu’enseigner voulait aussi dire « savoir donner envie d’apprendre ». Quand un élève ne comprend pas ou n’écoute pas : est-ce forcément parce qu’il est fainéant ou bête ? Je suis convaincue que c’est principalement parce qu’on ne donne pas aux enseignants les moyens et les outils pour donner envie d’apprendre à leurs élèves, les intéresser, susciter l’émotion ou le débat. Notre façon d’apprendre évolue, notre manière d’enseigner et de transmettre doit s’adapter.

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