PEDAGOGO #43 – LEON TOLSTOÏ (partie 1/2)

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Chaque lundi, nous vous proposons de voyager dans l’Histoire de la pédagogie, à travers les portraits des plus grand.e.s pédagogues et théoricien.e.s qui ont influencé nos modèles contemporains.
 

Léon Tolstoï, c’est qui ?!

 

 
Léon Tolstoï est un auteur russe né le 28 août 2828 à Iasnaïa Poliana (“La clairière lumineuse”), près de Toula, en Russie, et mort le 20 novembre 1910, à Astopovo, en Russie. C’est aussi, comme nous le verrons dans cet article, un fameux pédagogue, un enseignant, un organisateur d’écoles mais aussi un rédacteur de revue pédagogique et de manuels scolaires.
 
Issu d’une famille bourgeoise russe très bien dotée, Tolstoï grandit dans le domaine familial à Iasnaïa Poliana aux côtés de ses frères. Par la suite, adolescent, il voyage dans les grandes villes russes, notamment Moscou, Saint-Pétersbourg ou encore Kazan, où il vit une vie quelque peu débridée, suivant de temps à autre des cours de langues orientales et de droit, avant de tout remettre en question. Il se plonge alors dans l’écriture puis dans les activités militaires, en quête de réponses et d’un idéal.
 
Cependant, en 1947, il est rappelé à Iasnaïa Poliana dont il obtient la charge suite à la mort de son père. Il doit alors s’occuper du domaine ainsi que des 700 serfs travaillant sur les terres familiales. C’est à leur contact que ses premières idées “pédagogiques” fleurissent.
 
Il est en effet marqué par les conditions de vie de ces derniers (à qui il propose d’ailleurs de rendre leur liberté à son retour des guerres du Caucase en 1954, en vain), et particulièrement par leur analphabétisme. Pour lui, tant que la classe paysanne (la plus grande du pays) continuera à vivre dans la misère et l’ignorance, la société russe ne connaîtra pas le bonheur et la paix. Il lui semble que c’est de cette injustice face à l’instruction et aux connaissances que proviennent la plupart des grands fléaux touchant alors son pays. Pour lui, l’éducation ne peut être qu’universelle.
 
Il couche ses premières idées quant à la pédagogie et au développement des enfants dans ses nouvelles autobiographiques entre 1852 et 1857. Sa passion pour l’enseignement lui fera dire d’ailleurs que c’était “l’oeuvre la plus importante du monde parce que ce dont nous rêvons ne peut prendre vie que grâce aux générations futures”.
 
En 1857, en parallèle de la consultation de nombreux ouvrages, Léon Tolstoï entreprend un voyage dans différents pays européens (Allemagne, France et Suisse notamment) pour s’inspirer des modèles existants et des expériences novatrices, mais aussi rencontrer des pédagogues et éducateurs.
 
Il ressort extrêmement déçu de ce qu’il voit : il considère que l’école classique est violente (physiquement et moralement) et inefficace, car elle oblige les enfants et restreint la liberté de ces êtres naturellement bons (coucou Rousseau). Ses rencontres avec les pédagogues progressistes ne le satisfont pas davantage, il les trouve dogmatiques.
 
Comme beaucoup d’autres intellectuels russes, il est persuadé que les fonctionnaires sont incapables d’opérer la mue de l’éducation et que c’est à la société civile de réformer l’enseignement en Russie et de créer des écoles avant-gardistes répondant davantage aux aspirations du peuple via des associations.
 
Afin d’appliquer ses préceptes et de tenter d’émanciper les serfs de son domaine autrement qu’en leur rendant brutalement leur liberté, il entame donc sa propre expérience pédagogique. En 1859, il fonde ainsi une première école à Iasnaïa Poliana pour les enfants de ses moujiks (le nom des paysans russes de l’époque) afin qu’ils apprennent à apprendre, mais aussi qu’ils apprennent la liberté, qu’il place au centre de son projet.
 
Parallèlement, il crée la revue pédagogique Iasnaïa Poliana dans laquelle il développe notamment un “Projet de plan général pour l’organisation des écoles populaires” avec tous les aspects administratifs et pédagogiques.
 
Il entreprend un second voyage en Europe en 1860 et visite des écoles en Allemagne, en France, en Italie, en Belgique et en Angleterre. Peu de temps après son retour dans son fief, en 1862, les autorités tsaristes, très méfiantes vis-à-vis de ses volontés réformistes, stoppent son expérience en mettant à sac l’école à Iasnaïa Poliana et en faisant arrêter le journal.
 
Tolstoï met la pédagogie entre parenthèses jusqu’en 1871, année où il commence à travailler sur son abécédaire ou syllabaire, avec pour objectif de créer un guide pour les maîtres et de partager les méthodes qu’il a expérimentées. L’ouvrage, dont il estime que “plusieurs générations d’enfants russes, fils de moujiks et fils de tsars, y apprendraient à lire et connaîtraient grâce à lui leurs premières émotions poétiques”, sort en 1872.
 
Il est composé de quatre livres : les abécédaires en eux-mêmes, des textes pour l’instruction élémentaire, des textes slavons (vieux slave) et des éléments pour l’enseignement du calcul. Cette œuvre s’apparente en réalité à une grande encyclopédie à usage des enfants, et sert de base pour l’enseignement public des enfants russes pendant plusieurs années.
 
Suite à cette publication, il rouvre l’école d’Iasnaïa Poliana afin de tester les prescriptions de son manuel d’instruction, mais aussi d’accueillir les maîtres du district afin qu’ils s’initient à ses méthodes.
 
Une seconde version de son syllabaire, améliorée et plus universelle, paraît en 1875.
 
 
Et sinon, quelles sont ses idées ?
 
Eh biiiiiien, il faudra revenir la semaine prochaine pour ça. Reposez-vous un peu entre temps. À bientôt pour de nouvelles aventures tolstoïennes.
 
 
 


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Aymeric Debrun

  • Diplômé de Sciences Po Lyon – Master Coopération internationale et aide au développement

Découvrir un domaine inconnu, une nouvelle idée, une information ignorée. Se mettre à lire, étudier, analyser, comprendre. Puis approfondir, creuser, se passionner. Et enfin intriguer, intéresser, expliquer, transmettre. Et recommencer.

Un chemin maintes et maintes fois parcouru aussi bien dans ma vie personnelle qu’étudiante. Chez Sydo, j’ai trouvé un travail pour continuer à l’arpenter et faire de ce chemin… un schéma pédagogique.

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