5 manières de lier BD et pédagogie

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On peut dire que la BD a une histoire mouvementée avec la pédagogie. Étiquetée très tôt comme le parent pauvre de la littérature, simpliste et enfantine, elle a eu du mal à se faire une place dans le milieu de l’apprentissage. C’est pourtant un formidable outil, qui peut être utilisé de bien des façons. Petit tour d’horizon des possibilités pédagogiques de ce média.

1. La vulgarisation, ce n’est pas mal !

Quelle que soit la complexité d’un sujet, on peut toujours tenter de l’expliquer plus simplement. Et de ce point de vue là, la BD a un sacré potentiel : avec l’image et le texte à son service, aucun concept n’est trop obscur pour être éclairé ! Au-delà de la simple illustration, la BD permet surtout d’articuler des éléments hétéroclites (dessins, schémas, textes, etc.) de manière cohérente. En se représentant comme personnage, par exemple, l’auteur joue le rôle du professeur et va guider le lecteur, comme en présentiel.

Blog : Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même)

On ne présente plus Marion Montaigne (alias Prof Moustache) mais on ne s’en lasse pas non plus ! C’est instructif et drôle, que demander de plus ?

2. Classé “document historique”

Entre les fictions qui prennent des libertés avec l’histoire, les cases un peu trop violentes, et les poncifs, il est dur de choisir une BD historique exploitable en classe. Il faut dire que les rayonnages sont encombrés. Mais au delà de cette classification de “BD historique”, toute planche est, en soi, un document qui reflète son époque. L’étude de bandes dessinées de propagande, par exemple, permet de développer le sens critique des élèves.

Article : « Attaquer Tintin, ou réécrire l’Histoire à bon compte », par Gilles Ciment

Tintin au Congo : un bel exemple de document historique, avec toutes les questions épineuses qui vont avec.

3. Bulles en version originale

Parmi les trucs et astuces qui reviennent, quand il s’agit d’apprendre à parler une langue, on nous dit toujours de lire des livres ou de regarder des films dans la langue en question. Et la BD en langue étrangère alors ? Contrairement à de la littérature pure, le support de l’image aide à la compréhension. Contrairement à un film, l’apprenant a tout son temps pour se plonger dans le texte.

Boutique en ligne : Fnac (BD en langues étrangères et régionales)

Envie de lire Astérix en alsacien, en corse ou en picard ? C’est possible !

4. Plus qu’un schéma

Vous connaissez forcément les notices Ikea, qui nous expliquent comment monter un meuble vis après vis. Ou alors les notices qu’on lit en avion, nous montrant comment enfiler un gilet de sauvetage. Est-ce de la BD, en l’absence de texte ou d’histoire ? Ce sont pourtant bien des séquences narratives. La notion de continuité apporte une dimension supplémentaire par rapport à un schéma, qui permet d’aller plus loin. Entre la BD, le schéma, le dessin technique et les pictogrammes, les frontières sont minces, alors autant utiliser tous les outils à disposition pour expliquer au mieux !

BD : The Google Chrome Comic, par Scott McCloud (en anglais)

Scott McCloud est surtout connu pour son essai sur la BD (en BD) : L’Art invisible.  Ici, il explique le fonctionnement du navigateur internet Chrome en BD. Pour y parvenir, il mélange habilement une narration conventionnelle et les codes visuels de l’informatique.

5. Apprendre les codes de la BD, une fin en soi

La bande dessinée est un langage complexe, qui mérite d’être étudié pour lui-même. Cadrage, composition, structure, style graphique, narration : autant d’éléments à décortiquer pour comprendre comment s’articule une planche. Pour les plus jeunes, on peut envisager de jouer avec les codes de la BD : changer le texte des bulles, l’ordre des cases, déconstruire l’histoire et la reconstruire ensuite. Autre idée : le roman-photo, qui sans être de la BD à proprement parler, permet d’expérimenter la narration en évacuant la contrainte du dessin.

Blog : Le Zouave Interplanétaire

Chaque billet de Philippe Anfré aborde un aspect de l’art séquentiel, et présente quelques planches bien choisies pour illustrer son propos. Des réflexions pertinentes, et plein d’auteurs à découvrir !

Source image à la une : « Atomium : 21st Century Atomic Girls », de Ted Benoit

 


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