La pédagogie, c’est quand mème sérieux !

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Un mème ?

Un mème, qu'est-ce que c'est ?

Un mème est un phénomène internet jouant le rôle de gag persistant au sein d’une communauté virtuelle. Il est donc par essence drôle, viral, récurrent (il a recours au comique de répétition) et éphémère. Ce même mème (LOL), bien qu’éphémère, peut aussi être détourné, modifié, répliqué, incorporé dans de nouvelles créations ou encore parodié, jusqu’à ce qu’il soit remplacé. La définition du mème est donc très large.

Un mème peut adopter plusieurs formes : un mot, une phrase, un hashtag, un personnage récurrent, une vidéo, un GIF ou une image. Il se propage sur internet, notamment via les réseaux sociaux et les outils de messagerie instantanée.

Même si la plupart des mèmes ont pour objectif de faire rire ou sourire le plus grand nombre, certains sont réservés aux initiés, et donc relayés sur des sites en particulier, par exemple 4chan, Reddit ou 9gag. Ils ne peuvent donc être compris que si l’on dispose d’une certaine culture, si l’on connaît d’autres mèmes célèbres ou les œuvres artistiques auxquelles ils font référence.

Mèmes avec l’enseignement ?

Quel rapport avec la pédagogie ?

Le mème peut-être un outil très puissant pour faire passer un message, synthétiser une pensée ou encore dénoncer. C’est ce qu’a très bien compris Ainee Fatima[1], professeure d’anglais dans un lycée de l’Illinois. Cette dernière utilise depuis l’année dernière des stickers de mèmes connus pour annoter les copies de ses élèves. Puisqu’elle enseigne l’étude des médias, l’utilisation d’un outil de la pop culture semble tomber sous le sens.

Et ça marche ! Les mèmes permettent aux élèves de recevoir de manière plus positive les critiques sur leur travail et ils apprécient cette nouvelle technique. Adieu l’anxiété provoquée par la vue de flots de ratures rouges sur les copies doubles.

Nous avons, nous aussi, décidé d’utiliser cet outil pour une de nos missions. Ainee Fatima et son expérience nous ont-ils inspirés ? Pas du tout, je viens d’apprendre son existence en rédigeant ces quelques lignes.

Peut-on rire de tout sérieusement (ou être sérieux en rigolant de tout) ?

Revenons-en à notre propre expérience : un client nous sollicite pour animer des ateliers dans le cadre d’un séminaire d’intégration. Il souhaite, à la manière d’un rapport d’étonnement, récolter les ressentis des nouveaux collaborateurs quant à leur entreprise, sa stratégie et le secteur d’activité dans lequel ils travaillent.

Initiative plutôt classique donc. Cependant, il exige de l’innovation en matière de forme : sortir des schémas classiques afin notamment de capter l’attention de leurs nouveaux collaborateurs et de faire en sorte qu’ils se prennent au jeu.

Comme j’étais moi-même en charge d’un des ateliers, une de mes collègues me souffle l’idée de proposer à notre client que leurs nouveaux collaborateurs créent leurs propres mèmes afin de parler de leurs premiers mois d’expérience au sein de l’entreprise.

Un étonnement drôle et réussi

L’idée est adoptée et validée par le client, et me voilà donc face à une quinzaine de collaborateurs fraîchement intégrés. J’expose le principe de l’atelier à ces derniers. A l’utilisation du terme « mème », 90% de mon auditoire me regarda alors comme ça.

Après quelques minutes d’explication, tout le monde, ou presque, semblait connaître la notion de mème et en avait même déjà utilisé, sans le savoir.

Je leur présente alors l’outil, mematic, avec lequel ils vont réaliser leurs propres mèmes pour illustrer points forts et points faibles de leur intégration. La prise en main est facile, les groupes de collaborateurs studieux et hilares à la fois. L’atelier semble bien fonctionner.

Vient alors le moment de la restitution. Les groupes présentent chacun à leur tour les mèmes réalisés. Le public est attentionné, rigole à de nombreuses reprises et certains des mèmes font réagir et provoquent de vifs débats.

Le contrat est rempli. Les messages passés par les collaborateurs à leur direction et aux ressources humaines sont clairs, pertinents et drôles à la fois. L’ensemble des groupes semble avoir pris du plaisir durant cet atelier.

Je pense qu’on peut donc l’affirmer : s’il est bien utilisé, l’humour, en l’occurrence ici, des mèmes, peut être un formidable outil pédagogique.

[1] https://www.boredpanda.com/teacher-grade-students-exams-meme-stickers-ainee-fatima/?


 

Aymeric Debrun

  • Diplômé de Sciences Po Lyon – Master Coopération internationale et aide au développement
  • Master 2 en Relations Internationales

Découvrir un domaine inconnu, une nouvelle idée, une information ignorée. Se mettre à lire, étudier, analyser, comprendre. Puis approfondir, creuser, se passionner. Et enfin intriguer, intéresser, expliquer, transmettre. Et recommencer.

Un chemin maintes et maintes fois parcouru aussi bien dans ma vie personnelle qu’étudiante. Chez Sydo, j’ai trouvé un travail pour continuer à l’arpenter et faire de ce chemin… un schéma pédagogique.

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