Incidental Learning : laissez donc vos collaborateurs glander !

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On vous a déjà parlé du modèle 70:20:10 : aujourd’hui, on vous propose de pousser le concept un peu plus loin avec l’incidental learning !

L’incidental learning, qu’est-ce que c’est ?

Il y a plein de petits noms pour l’incidental learning, traduits ici directement de l’anglais : l’apprentissage invisible, l’apprentissage imprévu, l’apprentissage additionnel, l’apprentissage aléatoire et même l’apprentissage accidentel.

Bref, l’incidental learning qualifie tout apprentissage réalisé alors qu’il n’était pas prévu, que ce soit dans une situation de formation classique ou de manière informelle.

Concrètement, ça ressemble à quoi l’incidental learning ?

Séparons 2 cas :

    1. 1 – Dans un cadre formel de formation, l’incidental learning implique qu’on apprend davantage que le contenu de la formation. Ce qui est tout à fait vrai : le fait de réfléchir à plusieurs sur une thématique, ou encore le fait de poser des questions aux formateurs, fait apprendre aux formés plus de choses que ce qui avait été prévu par le concepteur de la formation.
      2 – Dans le cadre d’un apprentissage informel, en lisant un journal ou en écoutant la radio par exemple, on n’avait pas vraiment prévu d’apprendre, mais on apprend quand même.

 

Quels impacts sur l’entreprise, la formation et les collaborateurs ?

L’incidental learning impose de revoir la place de la formation dans l’entreprise. Bien sûr, on ne supprimera jamais la formation formelle en se disant que les collaborateurs apprendront tout ce qu’ils ont à apprendre sur le tas, en échangeant les uns avec les autres ou en cherchant des informations sur Internet. En revanche, il faut avoir conscience que, lorsqu’on veut former une population à un nouveau concept, la formation formelle n’en donne finalement que les bases : c’est ensuite sur le terrain que ce concept sera travaillé et perfectionné par chaque collaborateur.

Enfin, de manière plus globale, il n’y a pas que les apprentissages en lien avec leur métier qui font que vos collaborateurs montent en compétences sur leur poste : le fait d’apprendre de manière continue leur permet de découvrir de nouvelles choses et de faire des ponts entre les disciplines. Ils peuvent ainsi résoudre des problèmes en lien avec leur métier grâce à des concepts et à des idées d’autres domaines.

Comment favoriser l’incidental learning ?

Voici 4 règles incontournables quand on veut favoriser l’incidental learning :

    • 1 – Laissez de la place à l’imprévu
    • Si vous êtes concepteur de formation ou formateur, vous devez accepter qu’une partie des savoirs sera créée en temps réel, avec les formés, et sera différente d’une session à l’autre. Cela implique de laisser du temps aux formés pour échanger, poser des questions, et de ne pas prévoir un minutage militaire de vos formations !
    • 2 – Proposez des ateliers « découvertes » à vos collaborateurs
    • Pour faire découvrir de nouvelles choses à vos collaborateurs, organisez des ateliers cafés découverte sur des thèmes reliés (ou pas) à votre activité. Vous pouvez inviter d’autres entreprises pour présenter leurs solutions, voire prévoir des ateliers sur l’histoire de l’art, la musique, la sociologie, etc. Bref, l’important est de faire sortir vos collaborateurs de leur cadre habituel !
    • 3 – Apportez un suivi après une formation formelle
    • On l’a dit, la formation formelle est ici vue comme une première étape permettant d’acquérir les bases du concept abordé : les choses seront approfondies sur le terrain. L’idéal est donc de fournir un accompagnement après la formation, quand les formés sont de retour sur le terrain. Cet accompagnement peut permettre de rappeler des concepts théoriques ou méthodologiques intéressants au moment où les formés y sont vraiment confrontés.
    • 4 – Laissez vos collaborateurs « glander »
    • Alors ok, dit comme ça, cela ne donne pas vraiment envie… MAIS (!) « glander » ne veut pas forcément dire aller regarder des vidéos de chatons sur Internet ou faire ses courses en ligne. Glander peut aussi vouloir dire lire des articles sur le web (en lien ou non avec son activité), regarder une conférence TED intéressante et inspirante, trouver une technique pour être plus productif dans son activité, etc. Cela vaut aussi pour les réseaux sociaux : les entreprises coupent souvent l’accès à Facebook, à Twitter ou encore à YouTube, car ils sont vus comme des gouffres à productivité. Pourtant, on peut y échanger, y faire de la veille, y découvrir des choses…
    • Bref, on « apprend », ce qui peut être bénéfique pour son activité, et donc pour l’entreprise !

 


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Raphaël LAUER

  • Diplôme d’ingénieur en Sciences Cognitives – Ecole Nationale Supérieure de Cognitique de Bordeaux (ENSC)

A l’école, j’ai toujours eu l’impression qu’on cherchait à faire des « têtes bien pleines » plutôt que des « têtes bien faites ». Ouais… Pas très utile. On pourrait essayer de faire mieux, non ? C’est ça qui m’intéresse dans la pédagogie : chercher de nouvelles méthodes et de nouveaux outils pour se construire intellectuellement et arrêter de faire apprendre un tas de trucs qui, au final, ne servent qu’à passer un diplôme ou valider une formation.

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