Multitasking au travail (et ailleurs) #1 : la différence Homme/Femme

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Nous vous proposons aujourd’hui le premier article de notre mini-série consacrée au « multitâche » : si vous aussi vous jonglez entre un document word, une page wikipedia, 364 mails et 27 appels à l’heure, et que vous souhaitez connaître l’impact de tout ça sur votre cerveau, ces articles sont faits pour vous !

Si vous avez entre 11 et 101 ans, quelqu’un dans votre entourage vous a sûrement déjà affirmé avec conviction que les hommes sont incapables de faire deux choses à la fois, contrairement aux femmes qui, elles, peuvent mener sans problème plusieurs tâches de front. Preuve en serait, par exemple, l’incapacité de Monsieur à tenir une conversation cohérente si la télé est allumée, tandis que Madame jonglerait habilement entre bain des enfants, préparation des repas, écriture de la liste de courses et appel à belle-maman (comment ça, je caricature ?).

Bref, dans l’imaginaire populaire, n’en déplaise aux tenants de l’égalité parfaite entre les sexes, Dame Nature aurait fait les femmes plus « multitâches » que les hommes, ou les hommes plus « monotâches » que les femmes, c’est selon…  Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Nos cerveaux sont-ils différents ?

Cette idée, aujourd’hui largement répandue, viendrait en fait d’une étude post-mortem conduite dans les années 80. En observant les cerveaux de 20 femmes et hommes décédés, des biologistes américains auraient noté que le faisceau de fibres nerveuses qui relie les deux hémisphères cérébraux – ce qu’on appelle le corps calleux – était plus épais chez la femme que chez l’homme, laissant ainsi supposer que les hémisphères communiquent mieux chez la femme, et donc que celle-ci est plus à même de réaliser plusieurs tâches en même temps.

Depuis, diverses études ont été conduites sur le sujet : leurs  résultats sont souvent contradictoires, affirmant tour à tour la supériorité de la femme ou de l’homme pour « multitasker » (voir par exemple ici et ici). A ce jour, aucune n’a permis d’affirmer définitivement que les éventuelles différences de structure entre le cerveau des hommes et celui des femmes entraineraient des différences d’aptitudes pour gérer plusieurs actions à la fois.

En revanche, ces études ont permis de découvrir quelque chose d’autrement plus intéressant : en réalité, que ce soit chez l’homme ou chez la femme, le cerveau multitâche n’existe PAS.

 

Je multitâche, tu multitâches…

A ce stade, vous devez être un peu perdus : « comment ?! Mais pourtant, j’arrive bien à écouter la radio et à écrire un texto en conduisant, moi* ! Si ça c’est pas être multitâche, c’est quoi ?! » … Oui oui, je vous entends. Moi aussi, j’étais comme vous il y a peu… Avant d’arriver chez Sydo, j’étais même persuadée de ne pas être trop mauvaise pour accomplir plusieurs choses en même temps. Pourtant, en voyant certain(e)s collègues jongler avec une apparente aisance entre 5 fenêtres sur leur écran, 3 documents papier et 2 conversations différentes, tandis que moi je peinais à me concentrer assez longtemps sur quoi que ce soit pour aligner 3 mots, j’ai rapidement compris qu’en fait, multitâche, je ne l’étais pas. Ça m’a d’abord complexée, et puis en faisant quelques recherches sur le sujet pour cet article, j’ai découvert que scientifiquement parlant, mes collègues hyperactifs n’étaient pas plus multitâches que moi !

Rendez-vous la semaine prochaine pour entrer dans le vif du sujet : quelle définition donne la science du multitâche ?

* Au passage, nous rappelons à nos lecteurs qu’en plus d’être dangereux, écrire en conduisant est formellement interdit par la loi et sanctionné par une amende de 135€ et par un retrait de 3 points sur le permis… prudence !

 


 ,

Emmanuelle Veron

  • Master 2 en Sciences du Langage, spécialité Didactique du Français Langue Etrangère – Université Grenoble-Alpes et CNED
  • Diplômée de Sciences Po – Master Affaires Internationales, mention « Management Public International »

Depuis toute petite, j’adore découvrir et apprendre de nouvelles choses. De l’actualité à la grammaire d’une langue étrangère en passant par les neurosciences, tout m’intéresse (ou presque) ! Je suis aussi fascinée par le langage sous toutes ses formes : les livres, les langues, les images ou la musique sont pour moi autant de moyens complémentaires de transmettre des connaissances et des émotions.
Comprendre, expliquer, donner envie d’apprendre grâce à des supports ludiques et innovants : autant de missions qui me passionnent et qui sont au cœur du travail chez Sydo.

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