La télévision influence-t-elle l’apprentissage ? (1/2)

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Depuis les années 1950, de nombreuses recherches ont été menées pour étudier l’impact de la télévision sur le développement cognitif des jeunes enfants. Problème : les résultats sont contradictoires.

Dans ce premier article, nous parlerons d’abord des études montrant que la télévision a des répercussions négatives  sur les comportements (incitation à la violence, vision erronée du monde réel, dérèglement corporel et psychologique, etc.)

Les écrans nuisent à l’apprentissage

L’Académie américaine de pédiatrie recommandait depuis 1999 d’éviter tout écran, et particulièrement la télévision, pour les enfants de moins de deux ans. Cependant, les écrans (tablettes, ordinateurs, smartphones, etc.) étant de plus en plus présents dans notre quotidien, l’Académie est revenue sur ses recommandations :

  • avant dix-huit mois, seules les interactions vidéos via Skype ou FaceTime sont approuvées,
  • à partir de dix-huit mois, les petits peuvent regarder certains programmes éducatifs à condition que leurs parents soient présents et interagissent avec eux,
  • de deux à cinq ans, le temps passé devant un écran doit être limité à une heure par jour, et les parents doivent également être présents.

D’après une étude réalisée en 2007 par le docteur Jeffrey G. Johnson de l’Université de Columbia, un enfant regardant la télévision en moyenne plus de 3 heures par jour depuis ses 2 ans a deux fois plus de risques à 14 ans d’être en échec scolaire, d’avoir des problèmes d’attention et de s’ennuyer à l’école qu’un enfant qui la regarde moins d’une heure par jour.

Enfin, même si peu d’études ont prouvé que la télévision augmentait le comportement agressif chez l’enfant, certains auteurs ont montré que les programmes « violents », comme « Power Ranger », pouvaient encourager les pulsions et les manifestations agressives déjà présentes chez certains enfants.

Si les résultats sont relativement fiables, il serait intéressant de réaliser davantage d’études longitudinales, c’est-à-dire sur plusieurs années, afin d’observer plus finement les impacts de la télévision sur l’apprentissage.

Sources : Johnson Jeffrey G., Cohen Patricia, Kasen Stephanie & Brook Judith S. (2007). « Extensive Television Viewing and the Development of Attention and Learning Difficulties During Adolescence ». Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine, vol. 161, mai, p. 480–486.
 


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Estelle Monceyron

  • Diplôme d’ingénieur en Sciences Cognitives – Ecole Nationale Supérieure de Cognitique de Bordeaux (ENSC)

Intriguée et passionnée depuis toujours par le fonctionnement du cerveau humain et les interactions de l’Homme avec son environnement, je me suis naturellement spécialisée en Sciences Cognitives : anatomie du cerveau, attention, mémoire, ergonomie… Autant de compétences que j’aime mettre en œuvre pour améliorer l’apprentissage de chacun.

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