Quand l’enseignant devient coach

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Depuis plusieurs années, on se rend compte que l’enseignement descendant, c’est-à-dire la transmission d’un sachant à un apprenant, n’est pas forcément la manière optimale de faire apprendre quelque chose. Pourtant, à l’école, les cours magistraux sont souvent légion, ce qui ne laisse pas l’opportunité à l’apprenant de s’exprimer, d’expérimenter ou d’enrichir les propos de l’enseignant. Aujourd’hui, de plus en plus d’apprenants souhaitent gagner en autonomie et être acteur de leur apprentissage. Dans un article d’Inside Higher Ed, Christine Seifer et Richard Chapman, deux professeurs d’université affirment que l’enseignant devrait changer de posture et apprendre à coacher les apprenants.

Que signifie coacher les apprenants ?

Coacher les formés, c’est leur permettre de devenir autonomes et les inciter à prendre conscience qu’ils sont acteurs de leur apprentissage. L’enseignant ne transmet plus seulement des connaissances mais apprend aux formés à apprendre, à se servir de ce qu’ils ont appris et à identifier à quel moment utiliser leurs acquis. Il les aide à améliorer leur méthodologie, leur organisation ou encore leur gestion du stress. Il ne s’agit donc plus d’une transmission descendante mais d’un échange entre l’enseignant et l’apprenant.

Pourquoi l’enseignant doit-il devenir coach ?

D’après les deux auteurs, le coaching permet :

De renforcer les liens entre les enseignants et les étudiants : le rôle de l’enseignant n’est pas de juger l’apprenant mais de comprendre ses difficultés et de l’accompagner pour mieux y faire face. Il peut notamment lui fournir des outils pour apprendre plus efficacement et pour mieux gérer son temps.

D’améliorer et d’élargir les performances des élèves : le coaching permet d’acquérir des savoirs mais également des compétences concrètes, des savoir-être et savoir-faire qui sont réutilisables en contexte concret. Il peut s’agir par exemple d’apprendre à communiquer avec des personnes qui n’ont pas le même vocabulaire (illustrateur, informaticien, mathématicien, etc.).

De développer le relationnel des étudiants : plutôt que d’apprendre uniquement à écouter, les apprenants coachés apprennent à communiquer, à échanger des points de vue, à argumenter, à repousser des limites. Ils auront ainsi plus de facilité à communiquer dans leur vie professionnelle et personnelle.

D’augmenter la motivation : Lorsque les apprenants sont challengés, incités et suivis, ils arrivent plus facilement à se fixer des objectifs et à tout mettre en œuvre pour les réaliser.

Quelles sont les difficultés ?

Mettre en place le coaching nécessite de relever quelques défis.

  • Evaluer le temps de coaching : il est parfois difficile de quantifier le temps de coaching, notamment lorsque l’apprenant est suivi via internet ou par téléphone. Or, il est nécessaire de trouver une solution pour estimer les temps d’échange et pouvoir mesurer l’intensité du suivi.
  • Former les enseignants au coaching: il est nécessaire que les enseignants soient préparés à cette nouvelle façon d’accompagner les apprenants car elle diffère beaucoup de l’enseignement traditionnel.
  • Développer une planification réfléchie et définir des limites : un coach doit rester disponible souvent mais il ne peut pas être joignable 24h sur 24h. Il est donc important d’établir des règles très précises, notamment concernant les moments où les apprenants et le coach peuvent entrer en contact.
  • Solliciter davantage les enseignants : le coaching nécessite un accompagnement poussé et exigeant. Il est donc essentiel de prévoir suffisamment d’enseignants et de leur réserver du temps pour se consacrer à cette mission.


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