Intégrer le développement du capital émotionnel dans l’apprentissage : le projet PIA2

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Quel lien entre capital émotionnel et apprentissage ?

On assimile souvent l’apprentissage à l’acquisition de compétences techniques (être capable de calculer ou de rédiger par exemple). Pourtant, il est de plus en plus évident, surtout au regard des exigences du monde du travail, que l’apprentissage doit également englober d’autres types de compétences, comme l’auto-évaluation, la régulation de soi, l’empathie et la gestion des relations. Ces compétences dites « émotionnelles » constituent ce que l’on appelle le capital émotionnel d’une personne.

Le développement du capital émotionnel des apprenants est rarement une préoccupation des enseignants et des formateurs. C’est pourtant essentiel, tant pour leur épanouissement personnel et professionnel que pour leur capacité à apprendre de façon générale. En effet, une mauvaise gestion des émotions, le stress par exemple, peut handicaper l’apprentissage. De même, mal s’auto-évaluer peut conduire à se sous-estimer et à ne pas oser s’engager pleinement dans une activité d’apprentissage. Enfin, ne pas savoir gérer les interactions sociales, la communication avec les autres, peut être un frein pour apprendre en groupe par exemple.

→ C’est ce constat sur l’importance du capital émotionnel qui est à l’origine de la « démarche PIA2 ».

Qu’est-ce que la démarche PIA2 ?

Il s’agit d’une méthode venue d’Allemagne pour apprendre le management de projet aux lycéens et aux étudiants. Mise en place dans dix pays européens (dans l’académie de Montpellier pour la France*), cette démarche consiste à confier la conduite d’un projet à une classe – organiser le voyage de fin d’année par exemple – et à l’accompagner tout au long de ce projet. L’objectif est double :

– transmettre aux apprenants des compétences méthodologiques en gestion de projet,

– et faire travailler les apprenants sur leur capital émotionnel.

Les élèves sont donc évalués tant sur l’acquisition de compétences méthodologiques qu’émotionnelles, ce qui est très nouveau en France.

Comment la démarche PIA2 favorise-t-elle le développement du capital émotionnel ?

Cette démarche mise sur le « learning by doing » : c’est par l’expérience que les élèves développeront à la fois des compétences techniques en termes de gestion de projet et des compétences émotionnelles telles que le sens des responsabilités, de l’autonomie, de la coopération et de la communication.

Pour monter le projet, la classe est divisée en plusieurs équipes, chacune chargée d’une partie du projet : si l’on reprend l’exemple de l’organisation du voyage de fin d’année, il y aurait notamment un groupe pour l’hébergement, un autre pour les activités et un autre pour les transports. Cela favorise l’esprit d’équipe et apprend aux élèves/étudiants à coopérer et à communiquer. En effet, ils doivent établir des règles pour travailler ensemble, apprendre à gérer les conflits au sein de l’équipe et se mettre d’accord sur ce qu’il faut écrire sur l’avancée du projet dans le carnet de bord collectif.

Au sein de chaque équipe, des rôles sont attribués (entre autres, porte-parole, médiateur et rédacteur) et sont assumés tour à tour par chacun des membres. Cela permet de développer leur sens des responsabilités mais également leur empathie : quand on a assumé un rôle, on comprend mieux les difficultés de celui qui le reprend ensuite.

Pour développer l’autonomie des apprenants, le prof encourage les élèves à persister, les motive, mais ne fait rien à leur place. De plus, il n’est plus le seul détenteur de l’évaluation car les élèves sont poussés à s’auto-évaluer, à prendre du recul sur leur travail en tenant à jour un journal d’apprentissage individuel dans lequel ils notent après chaque cours ce qu’ils ont appris, ce qu’ils auraient pu mieux faire et ce qu’ils auraient aimé approfondir, creuser. Les élèves remplissent aussi des fiches d’évaluation sur leurs compétences émotionnelles : une lors de la seconde séance, une au cours du projet et une à la fin. Ces fiches sont comparées à celle du prof afin que l’élève puisse se rendre compte s’il se sous-estime ou se surestime. L’objectif est d’amener l’élève à mieux se connaître et à prendre confiance en lui.

 

* A ce jour, vingt-trois enseignants et formateurs ont été formés et cinq établissements l’appliquent à travers huit projets, impliquant près de soixante-dix élèves des filières technologiques et professionnelles de l’académie.

Pour en savoir plus sur le projet PIA2 et sur le capital émotionnel :

– GENDRON B. Capital émotionnel et éducation, in VAN ZANTEN A. (dir.). Dictionnaire de l’éducation. Paris : Presses universitaires de France, 2008, p. 41-43.
Page Facebook du projet
Page Facebook du capital émotionnel
Vidéo sur le projet PIA2 à l’université Paul Valery
Vidéo sur le projet PIA2

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 2 commentaires


  • Faure

    Bonjour,
    Merci pour ces informations. Le sujet m’intéresse et j aimerais obtenir un lien ou un moyen pour accéder aux ressources suivantes sur la démarche PIA2 :
    Outil organigramme de management et de conduite de projets , guide « poser les bases » , carnet de bord , guide d évaluation.
    Pourriez vous m indiquer comment faire ?

    Répondre

    • Raphaël Lauer

      Bonjour Simone,
      Nous n’avons pas de lien avec ce projet et donc pas accès à leurs ressources.Nous vous conseillons de les contacter directement sur leur page facebook par exemple (lien dans l’article).
      Bien à vous,
      Raphaël

      Répondre

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