Une nouvelle méthode d’enseignement : la pédagogie 3.0 (part 2)

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Suite à mon article sur la pédagogie 3.0, j’ai eu la chance de discuter avec Stéphane Côté, le créateur de cette nouvelle pédagogie. Pendant 1h, il a pris le temps de m’expliquer en détail sa démarche que je trouve particulièrement intéressante. Il m’a également précisé que sa démarche évolue régulièrement puisqu’il l’ajuste en fonction des impacts mesurés sur l’apprentissage de ses élèves.   

Voici donc les éléments qui ont évolué depuis mon premier article : 

Du système monétaire aux Post It

Dans le premier article, j’explique qu’un système monétaire basé sur la théorie des choix de William Glasser est instauré pour faire prendre conscience à l’élève qu’il est responsable de ses choix. Cependant, dans certains établissements, notamment défavorisés, les élèves ne comprennent pas forcément le message associé à l’utilisation d’un système monétaire : pourquoi je perds ou je gagne de « l’argent » selon le comportement que j’ai adopté ?

Stéphane a donc eu l’idée d’utiliser des Post It : l’élève reste autonome mais le professeur le guide. En effet, l’élève prend des décisions par lui même (il décide notamment où il souhaite s’asseoir) mais dès qu’il n’a pas un comportement adapté (manque de concentration, par exemple), le professeur lui donne un Post It pour lui faire remarquer.

Ainsi, lorsque l’élève a un Post It sur son bureau, cela signifie qu’il a les 24 prochaines heures pour se reprendre et ainsi éviter de perdre la capacité à prendre des décisions dans la classe. Lorsqu’il n’a pas pris en compte le Post It, il est placé près du professeur et est privé de toute décision. Après 24h de bon comportement, le professeur lui redonne un Post It pour lui indiquer que sa « punition » sera bientôt levée.

Prendre exemple sur les pairs

Parce qu’il est plus facile de s’identifier à quelqu’un qui nous ressemble, les élèves vont être poussés à s’observer les uns les autres. Certains d’entre eux ont une mission secrète : noter tout ce qu’un autre élève fait et le rapporter au professeur (a-t-il ouvert son livre à la bonne page ? Est-il correctement placé en classe ?)

L’objectif de cet exercice est double :

  • Permettre aux élèves d’identifier les bonnes pratiques.
  • Motiver les élèves à adopter ces bonnes pratiques.

Cet exercice doit cependant être utilisé avec parcimonie pour ne pas altérer l’ambiance de la classe.

Instaurer une compétition

Quoi de mieux qu’une compétition pour motiver les élèves à s’impliquer davantage ?

  • Des Quiz : chaque élève lit un texte et prend des notes. Le professeur pose ensuite des questions sur le texte aux élèves. Comme ils n’ont que leurs notes pour répondre, ils apprennent à sélectionner et synthétiser l’information.
  • Des Batailles navales : chaque groupe d’élèves écrit 5 questions sur un texte. Sur le même principe que le jeu de la bataille navale, les groupes se posent ensuite des questions : lorsqu’un groupe répond faux, il perd un point. Au bout d’un certain nombre de points perdus, le groupe perd : il s’est fait « couler ».
  • Des Guerres de présentations : lorsqu’un groupe d’élèves présente un sujet devant la classe, deux autres équipes vérifient sur Internet si toutes les informations données sont justes. Cela force les élèves à chercher l’information sur plusieurs sites et à vérifier la véracité de l’information qu’ils présentent.

Baser la mesure de l’apprentissage sur la progression

Ce point correspond sans doute à l’évolution la plus importante de la pédagogie 3.0. Cette évolution est partie d’un constat : si les activités ludiques améliorent l’implication des élèves, elles n’améliorent pas suffisamment l’apprentissage. C’est la sensation de progression et de reconnaissance qui améliore considérablement l’apprentissage.

Etudier la progression des élèves permet :

  • de comparer tous les élèves entre eux, quel que soit leur niveau.
  • de redonner confiance aux élèves les plus faibles (leur progression peut plus facilement évoluer que celle des bons élèves)
  • et de garder les bons élèves motivés (ils ne peuvent pas se contenter de leurs bonnes notes, il faut qu’ils continuent à progresser)

Pour rendre la progression plus ludique, elle ne leur est pas fournie sous forme de pourcentages mais de médailles (or, argent, bronze). Ainsi, plus un élève augmente son score par rapport au précédent, plus il a de chance d’obtenir une médaille d’or.

Pour refaire le lien avec le système monétaire, les élèves peuvent décider de miser ou non sur leur succès. S’ils ne parviennent pas à atteindre la progression souhaitée, ils peuvent perdre de « l’argent ».

Enfin, pour favoriser l’entraide, la progression de groupes peut être mesurée. Les élèves constituent eux-mêmes ces groupes : les plus forts vont donc chercher les élèves les plus faibles et les coacher pour avoir la progression la plus importante.

La pédagogie 3.0 se base sur l’expérience et évolue en fonction des observations faites directement en classe ou à partir des examens. Cette nouvelle méthode d’enseignement est donc directement ou indirectement façonnée par les élèves.

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne je vais suivre de très près cette fameuse pédagogie 3.0.

Source image à la Une

 


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 6 commentaires


  • Christian

    Méthode de pédagogiste gestapiste (élèves collabos qui vont rapporter à la kommandantur) !

    Mais sortez donc de votre ministère, mesdames et messieurs les intellectuels du milieu aquatique profond standardisé. Pfff…

    Répondre

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