Enseigner autrement : la classe inversée

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Non, mettre en place une classe inversée ne suppose pas d’enseigner en faisant le poirier ! Cela demande pourtant beaucoup de souplesse et d’entraînement. En effet, ce mode d’enseignement implique de mettre au placard une partie de ses habitudes et de remettre en question son rôle de professeur. Prêt à être chamboulé ?

Des terrains de base-ball aux salles de classe

L’histoire commence au Nord de Détroit, à Clintondale. Un proviseur poste des vidéos sur Youtube expliquant des tactiques de base-ball, pour les joueurs de l’équipe de ses fils. Les jeunes joueurs regardent ces vidéos, souvent plusieurs fois. Lors des entraînements, les jeunes appliquent ce qu’ils ont vu en vidéo. Ils sont plus efficaces car ils peuvent passer plus de temps à tester et à mettre en pratique les stratégies de jeu.

Le proviseur décide donc d’appliquer ce principe dans les classes de son établissement : il demande aux professeurs de mettre leurs cours en ligne sous forme de vidéos et de consacrer les heures de présence à répondre aux question des élèves et à réaliser des exercices.

Les résultats sont très encourageants : les taux d’échecs obtenus lors des évaluations sont divisés par deux en moyenne !

Le mouvement s’étend

Cette manière de procéder prend complètement le contre-pied de notre manière d’enseigner habituelle, où le professeur fait la leçon en classe et où les exercices sont réalisés ensuite à la maison. Certains professeurs, soucieux de renouveler leur approche (d’aucuns diront « ouverts d’esprits »), reprennent le principe. De nombreux sites fleurissent et le principe est enrichi par les apports des enseignants qui partagent leurs expériences.

Repenser le cours

La classe inversée permet de développer de nouvelles techniques d’animation de classe. Les heures consacrées aux leçons étant libérées, on peut mettre en place des projets à réaliser en groupe, en classe. Les élèves peuvent ainsi expérimenter, sous le regard de leur professeur qui les accompagne, et réfléchir ensemble à résoudre des problématiques qu’ils auraient dû traiter seuls dans une classe traditionnelle.

On peut également consacrer le début du cours à tester les connaissances des élèves grâce à des QCM projetés sur un écran. Cette introduction permettra à l’enseignant de cerner le niveau de compréhension des élèves et d’adapter la difficulté des exercices proposés.

Le principe de la classe inversée est donc particulièrement séduisant. Sa mise en place en classe constitue pourtant un chamboulement des habitudes des élèves. Il leur sera demandé le plus grand sérieux quant au visionnage des vidéos, d’autant que ce point est plus difficile à vérifier pour le professeur que des devoirs réalisés sur papier. Il faudra également veiller à ce que les élèves aient accès à internet chez eux ou à l’école, lors de plages horaires libres.

Enfin, le professeur doit également réfléchir à la qualité des ressources qu’il met à disposition des élèves, notamment les vidéos, qui doivent être courtes et pédagogiques.

Pour aller plus loin, le site Classe Inversée offre une mine de conseils pour les enseignants qui souhaitent sauter le pas.

Crédits photo : EnseignerAvecTNT


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Clarence Thiery

  • Diplômée d’un master de marketing / vente à l’ESDES, Lyon
  • Diplômée du Mastère spécialisé « Entreprendre » à l’EM Lyon

J’ai toujours été très critique envers mes professeurs qui oubliaient qu’enseigner voulait aussi dire « savoir donner envie d’apprendre ». Quand un élève ne comprend pas ou n’écoute pas : est-ce forcément parce qu’il est fainéant ou bête ? Je suis convaincue que c’est principalement parce qu’on ne donne pas aux enseignants les moyens et les outils pour donner envie d’apprendre à leurs élèves, les intéresser, susciter l’émotion ou le débat. Notre façon d’apprendre évolue, notre manière d’enseigner et de transmettre doit s’adapter.

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  • gana

    Très bon article, c’est encourageant si ça venait à se  répandre dans toute la France.

    C’est une façon d’apprendre très répandue au sein des familles pratiquant l’Instruction En Famille » (IEF). L’enfant part à la découverte par lui-même, s’approprie les connaissances et les compétences à sa façon puis le met en commun et pousse la réflexion sur ce qu’il a vu en amont.

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