CINQ MYTHES SUR L’APPRENTISSAGE

|  Laissez vos commentaires

Comme tous les sujets universels et complexes, l’apprentissage charrie son lot de théories fumeuses, d’idées reçues et de contre-vérités. Petit tour d’horizon des principaux mythes en la matière.
 

Mythe n°1 : « Mémoire visuelle, mémoire auditive, mémoire kinesthésique… nous avons tous notre « style » d’apprentissage, et il est plus difficile pour nous de passer par les autres styles pour apprendre. »

Nous sommes beaucoup à croire qu’il est plus aisé d’apprendre quelque chose dans le style d’apprentissage « pour lequel on est fait »… mais personne n’a jamais réussi à prouver que les « styles d’apprentissage » existaient [1] ! En vérité, il vaut mieux adapter son type d’apprentissage au contenu qu’on doit s’approprier ; il est difficile d’apprendre à jouer du piano rien qu’en écoutant les notes, ou à parler une langue étrangère en lisant des livres en anglais ou en regardant des films en V.O. La manière d’apprendre doit être en lien avec le contenu de l’apprentissage.
 

Mythe n°2 : « La relecture, qui permet de se « rafraichir la mémoire » et d’ancrer les informations, est un bon moyen d’apprendre au dernier moment. »

Relire un texte au dernier moment avant un examen, sautant d’un mot-clé surligné au marqueur fluo à un autre mot-clé surligné en rose, nous l’avons tous fait. Pourtant, il est plus important de donner du sens à l’ensemble de ce que l’on veut apprendre, par exemple à l’aide de quiz. « Qu’est-ce que l’auteur essaie de nous dire ? », « En quoi est-ce différent de ce que j’ai pu lire auparavant ? », etc. Donner du sens à ce que l’on veut apprendre nous permet de mieux retenir les choses.

Par ailleurs, il est toujours préférable de ne rien faire au dernier moment : on se souvient beaucoup mieux de ce qu’on a appris longtemps avant, et c’est le fait d’apprendre plusieurs fois la même chose – mais de manières différentes – qui ancre les connaissances. Le fait de les réactiver juste avant d’en avoir besoin n’est pas d’une grande efficacité !
 

Mythe n°3 : « Quand un sujet est complexe, il est important de se focaliser sur une étape à la fois pour ne pas s’encombrer l’esprit. »

Un sujet peut être fastidieux et long à ingurgiter ; souvent, on se dit que lire plusieurs fois par jour le même paragraphe d’un livre d’Histoire nous permet de mieux retenir les informations, en évitant de s’encombrer l’esprit. En réalité, comme pour le mythe n°2, le tout est de donner un sens à ce qu’on souhaite apprendre. Le paragraphe en question n’est pas posé au milieu d’un contenu n’ayant aucun rapport avec lui : il fait partie d’un tout. Plutôt que de travailler un seul paragraphe par jour pour finir par le savoir « par cœur », mixez-le avec quelques autres paragraphes afin de créer des liens entre eux. Cela vous fera prendre de la hauteur par rapport à votre sujet.
 

Mythe n°4 : « La première réponse est souvent la bonne parce que spontanéité rime avec vérité. »

Lors d’un test, on a tendance à penser qu’il ne faut pas changer nos réponses en cas de doute… alors qu’il vaut mieux ne pas être trop sûr de soi ! Le doute est souvent bénéfique… Pendant le test, laissez le temps aux faits de prendre du sens dans votre esprit ; essayez de comprendre comment les choses marchent entre elles. Le cerveau a besoin de temps pour établir des liens. En faisant confiance à votre « intuition », il est probable que vous ferez toujours les mêmes erreurs, en activant toujours les mêmes réflexes.

Une étude [2] montre que lors de l’apprentissage, un enseignant laissant 3 à 5 secondes de pause après avoir expliqué quelque chose permet aux apprenants de mieux s’approprier les informations transmises.
 

Mythe n°5 : « Plus on passe de temps à apprendre un sujet nous-même, plus on le maîtrise. »

Certes, il faut du temps pour apprendre : la musique en est un bon exemple. Qui s’est frotté à l’apprentissage d’un instrument sait combien d’heures sont nécessaires pour arriver à produire un son audible ou à enchaîner quelques notes justes. Cependant la pratique constante ne fait pas tout : nous passons par exemple notre temps à conduire, et pourtant il y a un moment où on ne s’améliore plus.

Mais ce qui fonctionne, ce n’est pas seulement le temps, mais également les conseils et apports extérieurs. Il est important d’interagir avec des personnes sachant transmettre les connaissances, comme des coachs, des enseignants, ou encore des formateurs.
 
 

Conclusion :

Pour se former efficacement, il est primordial de connaître le fonctionnement de notre mémoire et de notre cerveau : certains processus, qui peuvent paraître évidents ou intuitifs, s’avèrent purement et simplement inopérants, tandis que certaines recettes (l’entraînement, la répétition, la sollicitation de plusieurs canaux, etc.) ont fait leurs preuves. Quoi qu’il en soit, il est capital d’explorer toutes les facettes de l’apprentissage (« apprendre la théorie et la pratique »), de lui donner du sens (« dans quel contexte s’inscrit cet événement ? ») et d’apprendre des autres et avec eux (« ce coach sportif me donne envie de faire mes exercices »).

Finalement, apprendre, ça s’apprend !
 
 
 
[1] Voir cet article très complet sur Édupass : https://edupass.hypotheses.org/1049
[2] https://www.ericdigests.org/1995-1/think.htm


 , ,

Aude Chapuis

  • Diplôme d’illustrateur concepteur à l’école Emile Cohl

Comme pour la plupart des dessinateurs, les gribouillis et moi, c’est une longue histoire d’amour. Curieuse de nature, j’ai très vite appris que le dessin me permettrait d’appréhender le monde à ma façon ; mieux comprendre ce qui m’entoure et partager mes idées de manière claire et créative. C’est ainsi que la petite fille que j’étais n’a jamais cessé d’interpréter le monde à bout de crayons, et qu’aujourd’hui je suis heureuse de  pouvoir continuer à mettre ces compétences en œuvre au service de Sydo.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.